Ce qu'un séminaire hors les murs change dans les échanges
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Une équipe qui sait qu'on l'a convoquée pour souder l'équipe se comporte comme une équipe qu'on a convoquée pour souder l'équipe. C'est le paradoxe du genre : l'intention annoncée absorbe une partie de l'effet recherché. Ce qui fonctionne, c'est une aventure partagée dont la cohésion est le résultat plutôt que l'objet.
L'activité est rarement en cause : c'est le cadre qu'on met autour qui pèse. Dès qu'un exercice est présenté comme un outil de cohésion, chacun sait ce qu'on attend de lui, et joue son rôle. Les extravertis s'expriment, les réservés attendent que ça passe, et la restitution finale produit des conclusions que tout le monde avait formulées avant de commencer.
À cela s'ajoute un effet d'accumulation. Beaucoup de collaborateurs ont déjà fait l'escape game, la course d'orientation, l'atelier cuisine et le karting. Une quatrième variante du même mécanisme obtient le plus souvent une adhésion polie.
Trois critères distinguent les activités qui produisent réellement quelque chose.
L'activité gagne à avoir sa propre raison d'être. Sortir sur l'eau à sept heures du matin pour voir les tables conchylicoles et les flamants roses est intéressant en soi. L'intérêt se passe d'explication. La cohésion arrive par-dessus, sans être nommée.
Elle gagne à redistribuer les compétences. C'est le mécanisme central. Dans une activité professionnelle, la hiérarchie des compétences reproduit la hiérarchie de l'organisation. Sur un paddle, elle se recompose entièrement. La personne la plus à l'aise est rarement celle qu'on attendait, et l'entraide qui s'installe suit d'autres lignes que l'organigramme. Voilà ce qui produit un souvenir commun.
Elle gagne à inclure tout le monde. C'est le point le plus délicat. Une activité physique exigeante crée deux groupes : ceux qui participent et ceux qui regardent. Le second groupe rentre avec le sentiment inverse de celui qu'on cherchait.
L'étang de Thau présente une particularité qui compte beaucoup pour un groupe d'entreprise : il est peu profond et son eau reste plate. Une lagune produit tout au plus un clapot de vent, qui retombe dès que le vent tombe.
Cela change tout pour des participants peu sportifs. Sur un plan d'eau où l'on a pied sur une grande partie de la surface, l'appréhension disparaît en quelques minutes. Une personne qui découvre la pagaie tient debout sur un paddle en une demi-heure. En mer, la même personne serait restée sur la plage.
L'eau se réchauffe aussi bien plus tôt que la mer et reste tiède tard en saison, ce qui ouvre les mois d'avril et de mai comme ceux de septembre et d'octobre. Pour un séminaire, ce sont précisément les périodes les plus intéressantes : hors saison touristique, avec de la disponibilité et de la lumière.
La sortie du matin, une heure. Paddle ou kayak, entre sept et neuf heures, quand l'étang est plat. Encadrée par des moniteurs, en dehors de tout esprit de compétition et de tout classement. On revient pour le petit déjeuner, et la session de travail qui suit est nettement meilleure que celle de la veille.
La régate d'initiation. Pour les groupes qui souhaitent une dimension collective explicite tout en restant à distance de l'exercice. La voile impose une répartition des rôles à bord, et cette répartition suit d'autres lignes que l'organigramme. Le bassin est un terrain d'apprentissage reconnu précisément parce qu'il offre du vent avec une eau plate.
La sortie contemplative. Souvent sous-estimée, et souvent la plus efficace avec un comité de direction. Une heure sur l'eau, sans objectif, avec un moniteur qui explique la conchyliculture et l'écosystème de la lagune. Il s'y passe peu de chose, et c'est exactement pour cela que les gens se parlent.
Quelques repères pratiques, appris en regardant des groupes se répartir :
Trois mois après, l'atelier de la matinée s'est effacé. Ce qui reste, c'est le collègue de la comptabilité qui a tenu debout sur le paddle du premier coup, et la personne qui l'a aidé à y monter. C'est très peu de chose, et c'est exactement ce qu'on était venu chercher.
Photo : Jorge Franganillo, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons
L'étang de Thau est une lagune peu profonde, à l'eau plate, ce qui en fait le plan d'eau le plus indulgent de la côte pour des débutants. Une option sans effort physique, en barque accompagnée ou depuis la rive, est prévue sur le même créneau pour que chacun y trouve sa place.
Avril et mai, puis septembre et octobre. L'eau de la lagune se réchauffe plus tôt que la mer et reste tiède tard en saison, et ces périodes se situent hors de la saison touristique, avec plus de disponibilité et une meilleure lumière.
Le repli se prévoit dès la réservation, sur le même créneau plutôt qu'en report. Sur une lagune, c'est le vent qui décide : la tramontane rend le paddle inconfortable et la voile excellente.
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