Table dressée sur la terrasse, à la lumière du soir
Séjours

Le premier souvenir d'un séjour à Sète, c'est presque toujours un goût

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On revient rarement d'ici en parlant d'abord d'un paysage. On en revient en parlant d'une assiette d'huîtres ouvertes au bord de l'eau, d'un vin blanc qu'on ne connaissait pas, d'un morceau de tielle acheté aux halles à onze heures du matin. Le bassin de Thau se mange autant qu'il se regarde. Voici comment s'y prendre, surtout quand on est nombreux.

L'étang produit ce que vous allez manger

C'est le point de départ, et il change tout. L'étang de Thau n'est pas un décor : c'est une zone de production. Les tables conchylicoles que vous voyez depuis la rive, ces alignements de piquets à quelques centaines de mètres du bord, sont des élevages d'huîtres et de moules en activité. Ce que vous mangez le soir a passé la matinée à cinq minutes de la maison.

Cette proximité a une conséquence pratique : la fraîcheur ici n'est pas un argument commercial, c'est une donnée géographique. Et une conséquence de goût : l'huître de Bouzigues, élevée en eau saumâtre plutôt qu'en pleine mer, a une chair plus charnue et une salinité plus douce que l'huître atlantique. Les gens qui n'aiment pas les huîtres devraient en goûter une ici avant de trancher définitivement.

Ce qu'il faut goûter au moins une fois

Les huîtres et les moules de Bouzigues. Sur place, dans les mas conchylicoles qui bordent l'étang entre Bouzigues, Mèze et Marseillan, ou livrées au domaine. En groupe, la seconde option évite trois voitures et une heure de recherche de stationnement.

La tielle sétoise. Une tourte au poulpe et à la sauce tomate relevée, à l'origine un plat de marins. Elle se mange froide ou tiède, à n'importe quelle heure, et c'est le meilleur en-cas de plage qui existe. On la trouve aux halles de Sète et chez les boulangers de la ville.

La macaronade. Le plat du dimanche sétois : pâtes, sauce longuement mijotée, viandes. Copieux, familial, à commander plutôt qu'à tenter soi-même la première fois.

Le picpoul de Pinet. L'appellation blanche du bassin, sur les coteaux qui remontent au nord de l'étang. Vif, citronné, taillé pour les coquillages. C'est l'accord le plus évident de la région, et il fonctionne à chaque fois.

Le Noilly Prat. Le vermouth produit à Marseillan, au bout de l'étang, dans des fûts vieillis à l'air libre. À goûter là-bas, ou à rapporter.

Les halles de Sète, le matin

Si vous ne deviez faire qu'une chose gastronomique de la semaine, ce serait celle-là. Les halles couvertes de Sète sont un marché de ville, pas une attraction : les Sétois y font leurs courses. Poissonniers, charcutiers, fromagers, quelques comptoirs où l'on mange debout.

Le bon créneau est tôt, entre huit et dix heures, avant la chaleur et avant les groupes. Le mauvais réflexe est d'y aller à treize heures un samedi de juillet en cherchant une place de parking pour deux voitures.

Un conseil d'organisation, pour un groupe : envoyez deux personnes, pas huit. Elles rapportent de quoi nourrir tout le monde, et les six autres ne perdent pas leur matinée.

Quand on est vingt, la logistique décide du plaisir

C'est le vrai sujet d'un séjour en groupe. Une bonne adresse à quinze kilomètres, sans réservation, un soir de mi-août, ce n'est pas une bonne adresse : c'est une soirée gâchée. Trois principes tiennent bien :

  1. Un repas dehors, pas plus, par tranche de trois jours. Sortir à vingt personnes demande une organisation qui annule une partie du bénéfice. Le reste du temps, on mange mieux et plus tranquillement chez soi.
  2. Faites venir plutôt que de sortir. Un chef à domicile pour le dîner d'arrivée, un traiteur pour le repas de fête, un plateau de fruits de mer livré : le coût par personne est souvent inférieur à celui d'un restaurant équivalent, et personne ne conduit.
  3. Réservez ce qui compte dès que vos dates sont fixées. En juillet et en août, les tables des mas conchylicoles et les bonnes tables de Sète se remplissent des semaines à l'avance.

La table du soir, chez soi

Le meilleur repas d'un séjour ici se prend rarement au restaurant. Il se prend dehors, à la nuit tombée, sur une grande table, avec ce qu'on a rapporté du marché le matin, cuit sur la plancha du pool-house, et une bouteille de picpoul sortie du frais.

C'est le format que nous voyons revenir le plus souvent, et de loin. Il ne coûte presque rien, il ne demande aucune réservation, et c'est celui dont les gens parlent en repartant.

Nos adresses

Nous ne les publions pas ici, et c'est volontaire : elles changent, certaines ferment, d'autres deviennent trop connues pour rester agréables. Nous les donnons à l'arrivée, mises à jour, avec les horaires et les noms des personnes à demander. C'est un des rares avantages réels d'un lieu tenu par ceux qui y vivent.

Questions fréquentes

Peut-on se faire livrer des huîtres et des fruits de mer sur place ?

Oui. Les producteurs du bassin livrent au domaine, ce qui évite les trajets et le stationnement à plusieurs voitures. Un plateau de fruits de mer livré pour le soir est l'une des formules les plus simples pour un grand groupe.

Où faire ses courses en arrivant ?

Les halles couvertes de Sète, le matin entre huit et dix heures, restent le meilleur point de départ pour le poisson, la charcuterie et la tielle. Pour ceux qui préfèrent ne pas s'en occuper, un panier du marché peut être déposé avant votre arrivée.

Quel vin servir avec les coquillages du bassin ?

Le picpoul de Pinet, l'appellation blanche produite sur les coteaux au nord de l'étang. Vif et citronné, c'est l'accord local le plus évident, et il fonctionne avec les huîtres comme avec les moules.

Cet article parle d'un séjour en famille ou entre amis. Découvrir les séjours
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